
Hideo Kojima célèbre développeur de jeux vidéo connu entre autres pour la saga des Metal Gear a vécu une séparation, pas très à l’amiable, avec l’éditeur Konami. Il a donc créé son propre studio Kojima Productions et s’est associé avec Sony pour développer une nouvelle franchise Death Stranding grâce au moteur de Guerilla Games (Horizon).
Le premier Death Stranding était sorti en 2019 sur PlayStation 4 et avait ébloui les joueurs par la beauté de ses graphismes et son gameplay atypique qui aux premiers abords ressemble à un livreur Fédex, était beaucoup plus profond et riche. Et c’est donc 5 ans après que Kojima nous offre une suite Death Stranding 2: On the beach, mais a-t-il livré la marchandise ?

Lou où es-tu ? M’entends-tu ?
L’histoire de Death Stranding 2 reprend quelques années après la fin du premier volet. Nous retrouvons Sam Porter Bridges avec son bébé dans les bras, Lou prêts à repartir à l’aventure. Si vous avez oublié les évènements du premier, il y a un résumé dans le menu du jeu pour vous rafraîchir la mémoire, ce qui n’est pas un mal depuis 6 ans…
Lou est maintenant sorti de sa capsule et commence à grandir à l’air libre. Après avoir réussi à reconnecter les États-Unis qui sont devenus les UCA (United Cities of America), nous sommes tout de suite lâchés au Mexique et devons rejoindre notre campement. Juste après avoir réappris les bases du métier (et qui permet par la même occasion de servir de tutoriel), on se pensait tranquilles, mais là c’est le drame…
C’est toujours difficile comme exercice de parler de l’histoire d’un jeu sans divulgâcher, donc nous allons rester assez vague pour vous garder les surprises. Mais nous reprenons nos esprits et le voyage ne fait que commencer. Maintenant notre tâche, c’est de connecter le Mexique au réseau Chiral afin de sortir de l’isolement.

Nous reprenons notre beau paquetage, accomplissons quelques missions de livraison, de récupération de marchandises, nous reconnectons plusieurs repères, et là surprise, nous découvrons la Porte des Étoiles ! Enfin presque, elle ne relie pas des galaxies, mais certaines parties éloignées sur Terre, et dans le cas présent, le Mexique à l’Australie, ce qui est déjà pas mal (y en aurait pas une entre le Québec et le Mexique aussi pour les hivers qui restent trop longtemps…).
Et c’est là que le fun commence ! Une nouvelle grande étendue à connecter et percer tous les mystères, mais surtout faire de nouvelles connaissances. Tout comme dans le premier jeu nous faisons face à des échoués (les monstres dans de la poix, un genre de pétrole visqueux), des mules, une secte de porteurs voyous, et même des robots ! Oui, Kojima est fan des méchas.



Cette fois-ci, nous voulons en apprendre plus sur Lou, c’est « notre » BB, mais nous ne connaissons pratiquement rien sur lui, il va falloir donc parcourir l’Australie et lever le voile sur tous ses mystères. Nous retrouvons des visages bien connus, aussi bien amis que ennemis… Fragile nous accompagne toujours et nous présente la nouvelle organisation Drawbridge et un nouveau système Automated Public Assistance Company (APAC ou APAS en français).
En plus de nos véhicules de locomotions habituels, nous rejoignons donc le vaisseau DHV Magellan, piloté par Tarman, et dans lequel l’équipage va grandir chemin faisant. Sam reçoit un nouveau compagnon Dollman qui s’accroche à nous, littéralement, puis nous faisons la connaissance de Rainy une jeune femme qui fait pleuvoir (si elle pouvait partir du Québec pour l’été, ce serait bien), et surtout Tomorrow une autre jeune femme, elle aussi pleine de mystère qui vient de l’autre monde et qui peut être la clé de voute de cette nouvelle histoire…
Comme vous le voyez l’histoire est toujours pleine de rebondissements, et de noms très « recherchés » comme Kojima les aime… Mais surtout, elle est très poignante et riche en émotions, vraiment poignante et trépidante, mais aussi bien complexe…

Voyage, voyage, plus loin que la nuit et le temps…
Du côté des mécanismes de jeu, Sam est toujours un transporteur, nous chargeons tout ce que nous trouvons dans notre sac à dos afin de remplir les contrats pour livrer et récupérer des marchandises, et pour arpenter cet univers très rocailleux, nous pouvons construire des échelles, des ancres d’escalades, mais aussi des routes, des ponts…
Death Stranding 2: On the beach reprend toutes les bases du premier, c’est un jeu d’entraide, tout ce que nous construisons est disponible à tous les autres joueurs, et nous pouvons profiter des constructions des autres, s’échanger de l’équipement et du matériel. Donc même sans se rencontrer physiquement, nous sommes connectés.
Et pour venir à bout de nos ennemis, il faut s’armer ! Au choix, nous pouvons opter pour une approche plus furtive, endormir nos ennemis, les assommer, ou y aller plus direct avec des pistolets, fusils et autres grenades. Attention à bien regarder la route pour rejoindre votre objectif afin de prendre juste ce dont vous avez besoin, pour les échoués, les armes assommantes sont inefficaces, et quand il y en a pas d’ennemis, privilégiez les équipements d’escalade !

À chaque nouveau refuge débloqué, son résident nous offre des nouveaux modèles pour améliorer notre équipement et surtout en construire des nouveaux ! Et plus nous réalisons des commandes auprès d’eux, plus nous débloquons des modèles. Il est essentiel de ne pas oublier de leur ramener tous les colis qui leur appartiennent sur notre route, et de les ramener dans le meilleur état possible afin d’avoir les meilleures notes et augmenter votre niveau avec chacun.
Tous les « likes » que nous récupérons permettent d’augmenter notre niveau de porteur et ainsi récupérer des points à assigner à des nouvelles compétences APAS comme améliorer notre scanner, diminuer la consommation d’énergie de nos véhicules, et bien autres joyeusetés bien utiles pour mener à bien nos missions.
Enfin la PlayStation 5 Pro est mise à profit !
Pour le moment, il n’y avait vraiment qu’Assassin’s Creed Shadows qui avait su utiliser la puissance de la PS5 Pro pour nous offrir des environnements magnifiques, détaillés, tout en gardant une animation fluide. Eh bien, Death Stranding 2: On the beach lui fait tout autant honneur !
Même si les environnements sont moins variés, moins riches en nature la faute à un contexte apocalyptique, mais les environnements sont très riches en… pitis cailloux !!! Peut-être même un peu trop… Heureusement, grâce à Rainy, la nature reprend un peu ses droits, et nous avons un peu de flore à quelques endroits pas désagréables à l’œil !



Mais c’est surtout pour les personnages que la claque est majestueuse. Jamais les visages des personnages n’ont été aussi réalistes et avec des animations criantes de vérité (VÉRITÉÉÉÉÉÉ). Nous reconnaissons chacun des acteurs bien connus qui ont prêté leurs traits aux différents personnages. Bien évidemment, Normand Reedus reprend le rôle de Sam Bridges, et Léa Seydoux est toujours Fragile, mais d’autres nouvelles têtes sont ajoutées à un casting 5 étoiles telles que Elle Fanning en Tomorrow, et même Georges Miller en capitaine Tarman. Pour les autres, nous vous laissons le plaisir de la découverte.
Ce qui flatte la rétine également, ce sont les effets de lumières, toutes les particules lumineuses, les reflets sur les véhicules, les personnages, et les effets de la poix et des Échoués, la mâchoire nous tombe !
Le climat a un rôle important dans le jeu, la pluie peut abîmer nos colis, les quelques levers et couchers de soleil sont tout aussi sublimes, on pourrait ressentir la chaleur émanant des flammes lorsque le feu nous entoure, il y a tellement de scènes magnifiques sur lesquelles on veut juste s’arrêter quelques minutes et admirer ce qui se déroule devant nos yeux. Autant dire que nous avons souvent utilisé le mode photo pour capturer plein de magnifiques moments.

Les oreilles sont gâtées tout autant ! Les effets en Dolby Atmos nous offrent une totale immersion dans cet univers, le son nous englobe complètement, et cette immersion est décuplée avec la DualSense qui est très bien utilisé, on ressent la pluie, les petits cailloux lorsqu’on est dans un véhicule, les alertes de notre scanner quand des ennemis sont proches…
Et tout comme le premier épisode qui nous a fait découvrir le regretté Low Roar, ce deuxième volet met en avant un artiste français au grand talent, Woodkid ainsi que plein d’autres morceaux qui nous offrent encore une bande originale marquante qui vont tourner autant dans votre playlist dans le jeu, le lecteur est disponible après avoir rencontré « Le Musicien », que dans votre plateforme de streaming (j’écoute toujours celle du premier, inlassablement).



Ce qui compte, ce n’est pas la destination, c’est le voyage…
Death Stranding 2: On the beach reprend donc toutes les bases du premier épisode. Le gameplay et les mécanismes de jeu sont presque identiques avec seulement quelques ajouts de nouvelles constructions et équipements qui sont les bienvenus et une touche RPG.
Mais la recette fonctionne toujours aussi bien si ce n’est mieux grâce à un rythme mieux soutenu et l’envie d’en faire toujours un peu plus et surtout d’en découvrir plus. Les nouveaux personnages offrent au jeu encore plus de profondeur qui nous donnent envie d’en avoir une série TV !
Kojima Production nous livre une nouvelle fois une masterclass dans les jeux narratifs avec ses poncifs habituels, si bien évidemment vous n’êtes pas hermétiques au genre Kojima.
👍
–Les graphismes qui font honneur à la PS5 Pro
-Les musiques (Woodkid gros coup de cœur)
-Pas de bogues, très fluide et stable
-L’histoire très riche
-Des personnages tous emblématiques
-Une bonne durée de vie
-Un gameplay solide
-La DualSense très bien utilisée
👎
-C’est la même recette que le premier
-Des décors pas très variés, des montagnes et des cailloux
-Non, mais sérieux Sam, utilise ton oreiller !!!
Merci à notre testeur international Jérôme alias Vanouchou
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